• Une critique saugrenue

    Si je viens ici en ce jour, c'est car la situation est... critique.
    Malgré toute mon affection pour celui avec qui j'ai partagé tant de jours dans ma vie, je reste aujourd'hui dans l'incompréhension totale. Ou dans l'hermétisme, comme il dirait.
    Avec toute la félonie dissimulée en son être, il m'a ulcérée, avilie, annihilée !!

    J'ai nommé, mon professeur de français !

    Bon, stop le mélodrame, ça ne me va vraiment pas... Il y a un petit moment,  j'ai demandé à mon professeur de français de me faire une critique de mon texte, Exhalaison Crescendo.
    Je viens tout juste de la recevoir, et... Quelle ne fut pas ma surprise ! (Oh, non, ça recommence...)

    Une critique saugrenue

    (Anime : Chi le chat ; Personnage : Chi)

    -> LE JEU DU DÉCRYPTAGE !
    on va grave s'enjailler, les copains !


    J'ai réceptionné un échange passionné entre Victor Hugo et Jean-Paul Sartre, que j'ai bien du mal à comprendre : il s'agit d'une idée pour le moins farfelue que d'envoyer ceci à une simple collégienne qui passe en seconde (Merde...).  Je n'ai pas capté les trois quart de ce qu'il  racontait, malgré l'aide de mes amis les dictionnaires. Désormais, je fais appel à VOUS cher public !

    Je vous laisse découvrir cette petite merveille, qui m'a bien valu des rires moqueurs, je l'admets.

    «  Akwoo-chou,

    "Exhalaison Crescendo" échappe à la pensée normative : l'inconscient et les désirs transfigurent les propos, en déracinent l'âpre effet réel destructeur.
    Voici une étonnante approche de l'indicible et une forme accélérée de l'urgente captation du temps...
    Votre texte révèle des talents d'accumulations analogiques qui créent des liens entre les évocations et leurs effets plus ou moins fantastiques.

    La mise en abyme littéraire ne saurait se limiter à la simple idée du vide, à ce néant qui couvre les moments qui succèdent à la mort d'un être cher : vous écrivez une aventure mentale en perpétuel mouvement ...
     Cette "férocité de l'âme" dont vous parlez ne saurait s'incarner dans ce "misanthrope marginal" ( pléonasme ? ) (J'avais vraiment mis ça, je l'ai retiré...) qui a renié l'humaine condition. On se trouve coincé entre l'abattement sartrien et l'expectative littéraire qui suppose un contentement de lecteur, avide de révélations anxiogènes...
    Je ne sais si vous avez conscience du paradoxe inhérent à votre "création" : à la fois accessible et hermétique. On en reste perplexe tant la richesse lexicale et l'horizon sémantique répondent, à la manière des synesthésies, aux nécessités des associations d'idées qui guident vos mots...
    Je crois qu'il vous faut vous interroger sur le rôle du phantasme libérateur dans votre soif de paroles et de mise en place d'univers psychologiques ou spirituels. Votre plume est gourmande mais elle cache vos intentions : il faut jouer de ce paradoxe apparent.

    Voulez-vous mon avis ? (C'est ce que je demande depuis le début ! :3)
    Eh bien je crois que de telles capacités d'expression sont à soigner, à peaufiner avec pour souci de mettre en valeur une volonté, une détermination, une conviction profonde qui vous suggère que ce jeu d'écriture n'est en rien anodin et qu'il est un critère de reconnaissance d'une quête d'identité !
    Voilà donc une nécessité prophylactique.

    Au plaisir de vous lire à nouveau. »

    Celui qui réussit à trouver la signification entière de tout ça gagne un poulpe albinos dédicacé par mes soins !

    Bon, je suppose qu'au moins il exprime tout ce qu'il ressent vis-à-vis de mon texte... Mais ce langage soutenu tourne un peu au ridicule. Peut-être avait-il pour but de m'enrichir lexicalement ? C'est réussi !

    Cette critique, vue par Neurasthénie -> En gros, il kiffe grave ton texte mais tu dois encore peaufiner ton écriture...

    Kiss ! ♥


  • Commentaires

    1
    Vendredi 11 Juillet 2014 à 18:01

    Lui en revanche cache très mal ses intentions dans son écriture. En gros, il admet que tu gères, mais il te rappelle qu'il reste le maître incontesté de la langue française. Technique de base d'intellectuel narcissique.
    Cherche pas le sens, il décrit ses idées sans les expliquer, ce n'est pas fait pour être compris. :3

    2
    Vendredi 11 Juillet 2014 à 20:19

    Baaaah, c'est décevant alors ! Il est vachement cool comme prof en dehors de ça, c'est dommage ! >w< Je m'étais dit aussi que c'était un truc du genre.
    Haha je vais lui faire une remarque sur ça alors, il va voir, le gros nounours !... :'3

    3
    Dimanche 13 Juillet 2014 à 01:22

    Malheureusement, lorsqu'on se sent menacé sur son domaine de prédilection, on a tendance à vouloir apparaître supérieur.
    En fait, comme toujours avec ce genre de commentaire, si tu cherches réellement à traduire, c'est bourré de contradictions. Et de sous-entendus pas très sympathiques.
    Est-ce que je me le tente… ? Ouais, allez ! *-*

    "Exhalaison Crescendo" échappe à la pensée normative : l'inconscient et les désirs transfigurent les propos, en déracinent l'âpre effet réel destructeur.
    -› référence à la théorie de l'inconscient de Freud. En gros, le moi est en équilibre entre le ça (les désirs) et le surmoi = instance qui refoule les désirs irréalisables du ça vers l'inconscient. Le surmoi peut aussi les sublimer les désirs, c'est-à-dire les réaliser en accord avec le monde réel.
    La création artistique comme l'écriture, selon cette théorie, est principalement l'expression de ton inconscient (tes désirs quoi). Selon lui ton inconscient modifie tes propos, c'est donc différent des normes de pensée. C'est très mal dit. Et confus. Le reste c'est du décor rhétorique.

    Voici une étonnante approche de l'indicible et une forme accélérée de l'urgente captation du temps…
    -› il y a un besoin universel de prendre conscience du temps, d'en profiter, et ton texte est une forme accélérée de ça. Ecrit ainsi ça ne veut rien dire quoi.
    Votre texte révèle des talents d'accumulations analogiques qui créent des liens entre les évocations et leurs effets plus ou moins fantastiques. -› littéralement tu as le talent de faire des accumulations relativement similaires, ce qui provoque des effets plus ou moins fantastiques ‹- je ne suis pas sûre que ce soit réellement un compliment n_n

    La mise en abyme littéraire ne saurait se limiter à la simple idée du vide, à ce néant qui couvre les moments qui succèdent à la mort d'un être cher : vous écrivez une aventure mentale en perpétuel mouvement (pléonasme) … 
    -› Là il compare deux choses qui n'ont pas d'élément comparatif (ou pas explicitement en tous cas). Une mise en abyme, par définition, c'est plein. Une aventure mentale n'est pas vide. Comment on peut comparer ça à du vide ? n_n

    Cette "férocité de l'âme" dont vous parlez ne saurait s'incarner dans ce "misanthrope marginal" ( pléonasme effectivement ) qui a renié l'humaine condition (allez pour le staïle on inverse adjectif et nom). On se trouve coincé entre l'abattement sartrien et l'expectative littéraire qui suppose un contentement de lecteur, avide de révélations anxiogènes…
    -› je connais mal Sartre, mais en gros, sa principale théorie est l'existentialisme = on est totalement libre de nous-même, quelques soient nos origines, notre naissance, par opposition au déterminisme. Je suppose qu'il fait référence à la désillusion de cette théorie, quand on se rend compte que malgré nos efforts nous restons déterminés. 
    Par expectative (litt action d'attendre la réalisation d'une promesse) littéraire, je pense qu'il désigne le contrat implicite auteur/lecteur, celui qui oblige l'auteur à satisfaire son lecteur…  Dit ainsi c'est un peu consumériste comme façon de penser u_u  
    En résumé le lecteur en sort un peu frustré. (je ne suis pas sûre non plus que ce soit un compliment)

    Je ne sais si vous avez conscience du paradoxe inhérent à votre "création" (sous-entendu lui sait et pas toi, toujours une position de supériorité) : à la fois accessible et hermétique. On en reste perplexe tant la richesse lexicale et l'horizon sémantique (exemple risible de métaphore foireuse) répondent, à la manière des synesthésies, aux nécessités des associations d'idées qui guident vos mots…
    Littéralement, la richesse de ta langue répond aux nécessités d'associer des idées. À mon avis, c'est plutôt que tu réussis à associer des idées grâce à ta maîtrise de la langue. 
    Littéralement aussi, ("à la manière des synesthésie") tes nécessités d'associations d'idées ne vont pas avec la richesse de ta langue. Là encore, je ne suis pas sûre que ce soit un compliment. 

    Je crois qu'il vous faut vous interroger sur le rôle du phantasme libérateur  dans votre soif de paroles et de mise en place d'univers psychologiques ou spirituels. 
    Toujours selon Freud, l'art est une réalisation des pulsions enfouies dans l'inconscient. L'art n'est donc pas conscient, ce n'est pas un choix, ce n'est pas la liberté. 
    Il t'annonce cash que tu n'as pas réellement réfléchis pour ce texte, ce n'est qu'une réalisation de ta soif de paroles, de tes propres désirs et angoisses métaphysiques. Tu crois être libre d'écrire et avoir écrit un beau texte mais en réalité non, c'est juste ton inconscient ;D

    Votre plume est gourmande mais elle cache vos intentions : il faut jouer de ce paradoxe apparent.
    Il admet que t'as plutôt bien caché qu'il s'agissait d'une réalisation de ta soif de paroles = une manifestation de ton inconscient. Du coup t'as plutôt géré finalement. Mais lui, il a tout compris avant toi bien évidemment.

    […]une conviction profonde qui vous suggère que ce jeu d'écriture n'est en rien anodin et qu'il est un critère de reconnaissance d'une quête d'identité ! […] -› exactement dans la même idée

    Voilà donc une nécessité prophylactique.
    Encore selon Freud, l'art a une vocation cathartique. Cela sert à purger ses émotions, ces désirs (accessoirement équilibrer ça et surmoi mais on s'en fout ici), bref cela peut soigner autant le lecteur que l'auteur. (j'avais oublié de préciser : la psychanalyse est censée soigner de vrais malades u_u)
    Sous-entendu, tu lui as donné une impression de mal-être mental par ce texte, alors soigne-toi en prévoyance. Je ne crois toujours pas que ce soit un compliment.

     

    Voilà ce que j'y ai compris. C'est une supposition bien entendu, je ne suis pas dans sa tête, et comme il ne prend pas la peine d'expliquer ses pensées, ces dernières sont sujettes à toutes les interprétations possibles U___U

    4
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 00:02

    Mieux vaut tard que jamais, hein !

    Merci beaucoup pour le temps que tu as dû prendre pour ta critique. Tu m'as bien éclaircie. Je n'ai toujours pas compris ce qui passait dans la tête de mon professeur car il est assez abscons (je l'ai encore cette année).

    Mais bon, je l'aime comme il est.

    Je ne pense pas que ça soit toute une démarche pour me narguer et se sentir supérieur, toutefois. Je pense juste qu'il a voulu m'attirer dans les ténèbres de la littérature, m'apprendre des choses, se livrer au jeu du déchiffrage, justement, en quelques sortes. Mieux vaut tard que jamais également pour lui envoyer ta critique et essayer de le comprendre un peu mieux...
    Mais il est vrai que ce que je voulais de base, une critique, est assez clairement éludé.

    5
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 20:41

    D'ailleurs, je lui ai envoyé ton analyse, et il semblerait que tu aies raison sur la plupart des points ! Bien sûr il n'était pas sérieux.

    6
    Lundi 13 Octobre 2014 à 13:48

    Aha je ne pensais pas que tu allais lui envoyer xD 
    Je ne le connais pas, mais permets-moi tout de même de rester dubitative envers les gens qui disent après coup "Non, mais en fait c'était pour déconner, lol "  -_-

    À mon avis il s'est surtout pété un délire littéraire en écrivant ça xD Cela dit, que ce soit pour rire ou sérieusement, le style "description pompeuse rhétorique de concepts qui se contredisent quand on en cherche la signification" ne me semble pas anodine (et a tendance à m'énerver de manière générale) u_u

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