• Test d'admission au forum de RP Coalition v2

    Un jour il faut combler les trous du mieux qu'on le peut. Ce n'est pas comme si je ne produisais rien, mais j'ai l'impression que ce n'est pas à la hauteur de ce blog, que ça n'a pas été fait pour. 

    Navrée de ce manque d'activité et d'inspiration. Ayant travaillé ce texte, je me permets de le poster tout de même.
    A noter que le sujet du texte est imposé et que j'ai choisi un personnage prédéfini.


    La liberté.

    Pour Gwenn Campbell, demoiselle élancée aux cheveux de jais quelque peu bestiale, conformément à son sang de lycanne, une philosophie entière reposait sur ce mot.
    Cette vie de liberté semblait s'être imposée à elle dès son plus jeune âge, alors qu'elle n'était encore qu'une simple humaine, fille de fermiers. Elle s'était précisément révélée lorsqu'elle eût comprit son homosexualité - et son aversion pour les hommes ; et, bien qu'elle ne fût pas superstitieuse et ne crût nullement au destin, cela ne pouvait, d'après elle, dénoter d'un bienheureux hasard. La situation actuelle le certifiait : la liberté était un met rare, exclusivement destiné aux individus rationnels. En ayant pris connaissance de ce goût prononcé pour cette valeur démocratique - et même axiomatique selon elle -, le parcours de la demoiselle s'imposait de lui-même, d'une linéarité abrupte.

    Ce jour-là, la lycanne déambulait seule sur les collines bordant les Ruines. Le froid était boréal, escorté d’une brume légère et d’une bruine. Les broues qu’engendrait son souffle étaient presque aussi denses que des volutes de cigarette, et cela rendait sa tâche d’autant plus aisée. Son pas était tantôt leste, tantôt lent, rythmé par le piano qui retentissait dans ses écouteurs, discrètement dissimulés dans son châle bleu marine ; ce qui n’altérait aucunement sa diligence, l’œil vif, l’odorat à l’affût et l’ouïe fine.

    Test d'admission au forum de RP Coalition v2

    Nonobstant sa rudesse, Gwenn était une formidable mélomane.
    Bien qu'elle brisa une multitude de fois ses archets, ses cordes, ses touches ou ses baguettes en jouant trop intensément, les onze derniers siècles lui permirent de magner avec une acuité hors pair le piano, le violon, le violoncelle, l'accordéon, la batterie et la guitare, et son talent inné la dota de l'oreille absolue. Plus récemment, elle s’éprenait de l’instrument phonique, dont elle ne maîtrisait guère l’art ; Gwenn était prompte à élever la voix, voix tonitruante et autoritaire, mais souvent cassée, éraillée.

    Les Ruines semblaient inanimées de par la température fort basse, mais l’intrépide lycanne ne dérogeait pas à son poste. Bientôt, le crachin fut flocons, se dispersant doucettement sur les montagnes.

    Gwenn aperçut une faible lueur au loin, étouffée entre quelques verdures et grains blancs. Elle accéléra considérablement le rythme de son ascension, jusqu’à pénétrer le fourré, boisé de fougères et de jeunes sapins. Les semelles polies de ses bottes lui permettaient de marcher sans émettre le moindre bruit. Elle replia la capuche de sa cape vert de chrome, et se tapit contre le tronc et sous les bras d’un conifère, assez loin pour espérer berner un instant les éventuels rebelles avec leur senteur. Malgré son souffle court, elle s’efforçait de respirer doucement. Dans ses oreilles pulsait lentement "Ruined Lands".
    Gwenn épia furtivement vers la provenance de la lumière. Il s'agissait d'un feu. Par déduction, des individus étaient bel et bien en présence, et hors du périmètre recommandé par un temps et une heure tels quels. D'autant plus que si les possibles prisonniers avaient pu échapper à la surveillance des Ruines, ce ne pouvait qu'être avec l'aide d'acolytes sentinelles et membres de la Coalition.

    Il n'était plus que question de temps avant qu'on ne la repère, et elle entreprit de grimper à l'arbre. L'intrépide lycanne plaça son pied gauche sur une aspérité de l'écorce, attrapa une première branche en prenant garde à sa solidité, et grimpa ainsi tel un reptile le long du sapin fourchu, en s'aidant de ses griffes acérées.
    Elle se dressa au sommet du sapin et put bénéficier d'une vue imprenable sur les comploteurs.
    La demoiselle reconnut une sentinelle hybride, la chevelure flamboyante et l'air peu dégourdie. Elle ne s’en remémorait plus le nom, en revanche, ses traits lui étaient rudement familiers tant par le passé elle l’avait tancée pour son manque de rigueur. À ses côtés se tenait un jeune prisonnier originel, reconnaissable à ses habits effilés. Elle l'avait déjà aperçu une ou deux fois dans les Ruines, sans trop qu'il ne fasse parler de lui. Tous deux étaient âgés de moins d'un siècle : Gwenn pouvait amplement les faire payer de leur vie pour leurs actes hostiles à la Coalition.
    L'expression du vampire était crispée, son front plissé, sa voix nerveuse. À l'inverse, la louve paraissait bénigne, d'une insouciance enfantine - son naturel n'était nullement affecté par la situation.
    La rousse se pencha – et il en fallut de peu pour que Gwenn n’ouïsse un ronronnement niais – et se saisit d’un canif qui paressait près des flammes. Ce dernier effleura dangereusement sa paume. Chaque mouvement de la rousse rapprochait Gwenn du moment où elle élèverait la voix ainsi que tomberait un jugement. Son courroux montait crescendo, et sa retenue lui était insoutenable.
    L'originel protesta vainement. Une goutte de sang vint se poser sur sa joue, glisser et s'insinuer sur ses lèvres ; la fragrance tentatrice acheva sa raison, et il porta piteusement sa bouche au fluide écarlate.

    La braise luisait dangereusement dans les yeux dorés de la lycanne. Il n'en fallut pas plus à la demoiselle pour se décider à agir.
    « Halte !! » fulmina Gwenn en brandissant sa main devant elle telle une épée. Sa capuche se rabaissa, dénudant son visage sentencieux. Son regard était voilé de dédain, et la hauteur de son perchoir ne faisait que réaffirmer son autorité.
    Le jeune homme brun se détourna, horrifié. Sa fuite fut spontanée : elle se ne manifesta que par quelques bruissements, et un piètre point noir filant à toute vitesse parmi l’immensité des montagnes. Gwenn n'envisagea pas de le poursuivre : les rayons de l'aube ne tarderaient pas à envahir la vallée, ce qui le condamnait.
    La lycanne dévala l'épais feuillage du sapin afin d'amortir sa chute. La terre se souleva lorsqu'elle y eut posé pied.
    « Cette fois-ci, tu dépasses vraiment les bornes ! »
    Mais, contrairement à l'accoutumée, la rousse ne se confondit pas en excuses à l'égard de sa supérieure. Elle serra les dents, dans une vaine tentative pour retenir ses sanglots.
    «Quelles « bornes » ? T’y connais rien à la justice, cracha-t-elle.
    -Ah, rit grassement Gwenn, et donc toi, tu la connais mieux que moi ? C'est pour ça que tu es prête à mourir en son nom aujourd'hui, hein ? »
    L'hybride se tut. Son amertume était telle qu’elle ne préféra rien avancer de plus.
    Gwenn interpréta cette non-réponse comme une affirmation. Elle s'approcha, dans un calme criminel, de sang-froid abject. De ceux qui succèdent la souffrance. Sa proie ne cillait pas. Ses yeux verts larmoyants lançaient un honorable affront à la lycanne, qu'elle s'empressa de saisir avec délectation.
    « Tout acte hostile à la Coalition est répréhensible. L'alliance d'un sentinelle à un prisonnier est passible de mort. L'insolence à l'égard d'un supérieur hiérarchique dans la Coalition n'est pas tolérée. »
    La lycanne serra le poing. Ce dernier vint se coller à la joue parsemée d'éphélides, pour s'en dissocier aussitôt. Le sang macula généreusement les hautes herbes. Au milieu de ces herbes s'étendait lourdement ce corps épars.
    « Au nom de l'amour » murmura la rousse en un sourire édenté.
    Gwenn lui répondit d'un singulier rictus.
    « Je ne connais rien à l'amour. »


     

    J'admets volontiers que la fin est très bâclée...


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