• Rédactions de brevets blancs

    Ça faisait longtemps que je n'avais pas posté de textes, fiou ! Il y en a un gros que je n'ai pas achevé, et un autre gros que je ne posterai pas. Je rappelle que je suis également sur ma fiction : page 18 mes chers ! La suite d'Inéluctable devrait être postée ultérieurement, par ailleurs. 

    Bref ! J'ai eu deux brevets blancs entre temps, et donc, deux rédactions. Je vous laisse découvrir mon travail.



    Premier brevet blanc : 

    Sujet 1 : Ecrivez une discussion entre maquisard (résistant) et son ami. Il l'invite à se joindre à lui pour résister.
    Sujet 2 : Ecrivez le journal intime d'un maquisard de la deuxième guerre mondiale. Racontez sa vie et ce qu'il voit.  (Choisi)

    Rédactions de brevet blanc
    (Artiste : Doming ; Manga : Panty and Stocking With Garterbelt ; OC : Anarchy Panty)

    "Cher journal,

    Ces dernières années ont buriné mon âme comme ma peau de plaies de projectiles piquants. 
    Je n'ai plus la moindre idée de quel jour nous sommes, et du nombre de stigmates dont je suis couvert. 
    Je connais seulement les aspects abjects de cette guerre. J'ai dix-sept ans, et le vécu d'un centenaire. Je connais mieux que personne la sensation de vide que l'on ressent lorsqu'on devine partis à jamais ceux qui rendaient notre quotidien chaleureux. Ils tombent tout aussi naturellement que la pluie sur le sol et m'aspergent de solitude, de désespoir, de neurasthénie, qui compriment mon cœur en un étau de douleur. 
    La mort est omniprésente. La mort est le quotidien de chacun d'entre nous. Le plus petit faubourg, la plus lointaine vallée, la plus belle des natures en sont imprégnés. Hier, ou il y a une semaine, j'ai trouvé un homme allongé sur l'herbe humide. Paisible. Deux trous au côté gauche. 
    Même la somptuosité est maculée de sang. Dans les rues, il n'y aura bientôt plus qu'un funeste silence. Serait-ce la seule issue possible vers le repos ? A dire vrai, je crains qu'il n'y en ait aucune. J'ai perdu la foi sur le champ de bataille, avec mon allégresse et ma raison de vivre. 
    Mes compagnons hurlent leur amertume, en violence et en haine. En ce qui me concerne, j'écris. Le peu de temps où un canon n'est pas rivé sur moi. J'exhale ce qui écrase ma conscience, je décris les hurlements stridents et déchirants,  les corps cadavériques et décharnés, les visages blêmes, et les volutes de fumée de nos maisons, de notre nation et de nos vies, revenant à la terre.
    Je constate toute l'horreur de l'humanité, et je crois cauchemarder. Mais je ne ressens plus que la douleur, et il me semble que je n'ai jamais ressenti que cela. Mes vagues réminiscences semblent ne m'avoir jamais appartenu.
    J'ai la véracité des civils déportés par millions, leurs œillades meurtries et amorphes, les coups de fouet sur nos dos, la boue charmeuse,  l'ennemi que la Résistance finit par tuer avec un exécrable réconfort, la faim, la soif, l'insalubrité, la peur pétrifiante, et les pleurs qui remplieraient les abîmes gorgées de cadavres.
    Je suis là, terré. Je vis pour tuer. J'aperçois les silhouettes s'affaisser. La gorge nouée d'humilité, c'est à mon tour de me permettre ce frisson ignominieux qu'est celui ressenti lorsqu'on détruit sans être détruit... Physiquement. 
    Je ne suis qu'un mécanisme défectueux... Je sens mes écrous s'ébranler, mes composants se démanteler, mon huile fuir. 
    Je suis dans un cauchemar éveillé, et j'ai rêvé que j'étais humain et heureux. J'ai vu, dans ma folie onirique, nombre de choses fabuleuses. Désormais, elles chatoient de teintes criardes, lancinantes, et annihilent à brûle-pourpoint mon être, mon ombre, rien qu'un spectre éthéré et chancelant que les abysses appellent."

    Temps : 1h30
    Note : 14,5/15 (-0,5 pour l'oubli du "cher journal", que j'ai rajouté ici.)
    Critique des professeurs : Trop de mots savants : tu veux montrer ce dont tu es capable sans que le style suive. Mais le contexte historique est très bien respecté. En outre, c'est vraiment morose, sombre, déchirant. Excellent travail de mise en situation : une approche philosophique et profonde.
    Mon ressenti : Pour ce sujet, j'ai vraiment réussi à me mettre en situation. J'ai écrit ce que j'ai ressenti. J'étais même mal en écrivant et en sortant de la salle. La guerre est un sujet auquel je suis très sensible.

    Deuxième brevet blanc : 

    D'après "Le meilleur monde", un roman dans lequel les humains naissent dans des usines, conditionnés et prédestinés à être Alpha, Bêta, Gamma, Delta ou Epsilon, les Alphas étant les mieux placés dans la société et les Epsilons les moins bien. Leur intelligence est également affectée.
    Sujet 1 : 'M'en rappelle plus. 
    Sujet 2 : Ecrivez un passage démontrant l'intelligence d'un Epsilon, malgré son aspect physique désavantageux. 

    Rédactions de brevet blanc
    (Artiste : Ash ; Jeu : Metal gear solid ; OC : Raiden)

    "Dès ma naissance, mon physique et mon avenir étaient prémédités. J'aurais pu être un séduisant jeune homme, diriger une grande entreprise et participer à des bals où se pavanaient des poncifs sociétaux ambulants, munis de leurs verres de vin dont un fond correspondait à mon salaire mensuel, de leurs regards condescendants et de leurs sourires enjôleurs, engoncés dans leurs costumes à l'aspect onéreux ou perchées sur leurs talons hauts. 
    Néanmoins, j'étais loin d'envier ce mode de vie, bien au contraire. Les Alphas avaient été conditionnés non seulement pour avoir une apparence plaisante, mais des capacités que nous n'avions pas : ils étaient dotés d'une vive intelligence au travail.
    C'étaient pourtant là les limites de leurs valeurs : leur superficialité était sans pareil. Pour préserver les rouages de la société, il s'agissait d'une idée lumineuse que de les priver de libre-arbitre. 
    Quant à nous, les Epsilons, nous étions faiblards, chétifs comme les végétations fouettées, pliées par les bourrasques. En l’occurrence, les bourrasques étaient les Alphas, qui nous prodiguaient un traitement digne de piètres immondices. Leur seul motif était la blancheur de nos iris, laquelle les effarait et les poussait à nous surnommer "les monstres sans yeux". En effet, cette particularité était telle que notre vision s'apparentait à la cécité. Nous ne voyions presque uniquement que dans le noir. 
    Cela leur avait insufflé quelques abrupts châtiments, lorsque nos corps menus se retrouvaient dénués de force durant nos tâches. 
    Ils nous ligotaient à un arbre, dehors, alors que le soleil était à son zénith, et nous forçaient à ouvrir les yeux, sous la menace d'une arme à feu. Le plus souvent, les martyrs obéissaient et devenaient aveugles. Dans l'autre cas, qui n'était vraisemblablement pas préférable, on retrouvait le contenu de leurs cervelles grassement étalé sur l'écorce et les plantes. Leurs cadavres devenaient charognes, dévorés par les corbeaux jusqu'à décomposition totale. 
    Je me souviens. Un jour, ce fut le tour de mon fidèle ami, Klaus. Des larmes striaient ses joues, et du sang pourpre ruisselait de sa lèvre inférieure, mordue impétueusement afin qu'il puisse réprimer ses cris. 
    Ce que les Epsilons avaient d'infiniment plus précieux qu'un salaire correct et qu'un visage trompeur, c'étaient des valeurs et de la Réflexion. 
    J'avais cessé de vidanger le bocal dans lequel un beau nouveau-né Alpha dormait, pour jeter un regard entendu à mes collègues de travail. Ils s'étaient spontanément rameutés. Je n'acceptais pas une telle situation. 
    La pièce était plongée dans le noir, tant et si bien que le Delta qui tenait le pistolet à la main fut pris de court en nous voyant bondir sur lui. Il y eut des merveilleux cris de fureur, un éminent moment de gloire. Sous la menace, le Delta ne nous dénonça pas -et eux, avaient un minimum de bon sens.
    Nous ne pûmes percevoir le sourire de Klaus, mais je sais qu'à ce moment, il s'étirait jusqu'à ses yeux. Les Epsilons étaient une famille complice. Malgré notre existence malheureuse, nous tenions à la vie. Probablement parce qu'on nous avait dépourvus de désespoir et de haine. Toutefois, j'aimais à penser qu'il était question de bravoure, que nos rêves subsistaient au fond de nos cœurs mornes.
    Ils croyaient que nos faibles physiques et l'absence de rage en nous aurait raison de quelconques envies de soulèvement. Ils avaient tort. Cet épisode marqua le début de notre révolution, de notre quête de liberté, du changement et de la prospérité. 
    Un monde que nous avions embelli, où naissaient des humains maîtres d'eux-mêmes dans le ventre maternel. 
    Juste des humains."

    Temps : 1h30
    Note : 14,5/15
    Critique du professeur : Solide maîtrise expressive. 
    Mon ressenti : Ce sujet-là m'a moins émue. J'étais plus dans la chose au début, mais la suite a été faite un peu trop indifféremment. 


  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Juin 2014 à 21:53

    Après avoir lu tes textes, j'ai ri. Pas parce qu'ils contenaient quelque chose d'un tant soit peu comique, non non, juste parce que je me suis dit que si tu étais dans mon collège et que tu présentais des textes aussi beaux à mes professeurs pour les brevets blancs, je crois qu'ils seraient tellement heureux qu'ils en chialeraient (ou un truc équivalent). 'Faut dire que vu les torchons insipides que leurs livrent mes petits camarades (ne te bile pas, je me compte dedans), ils auraient bien besoin de copie comme les tiennes pour remonter le niveau...

    Il vrai que tu as (j'ai l'impression) l'habitude d'utiliser beaucoup de qualificatifs et adverbes très riches qui finissent par alourdir un peu le texte, mais vraiment tu gère. Sérieux, c'est impressionnant.

    2
    Mercredi 4 Juin 2014 à 22:15

    Haha, mon professeur de français est heureux de m'avoir comme élève, même si il le cache. La relation entre un élève et un professeur est souvent distante, un peu comme si ça se limitait au boulot, parfois. C'est dommage, il pourrait y avoir de réelles ententes. 
    Enfin c'est vrai que je pourrais poser mes yeux sur n'importe quelle copie, qu'elle serait bourrée de fautes. L'orthographe s'est largement dégradée. Je ne demanderais pas de grands auteurs, juste des bases censées être acquises au cm2... 

    J'ai ici modifié quelques passages. Ça me semble normal, je veux mettre du contenu de la plus bonne qualité possible sur mon blog. Mais sa critique avait tout à fait lieu d'être sur l'original, les tournures de phrases étaient parfois maladroites, courantes, avec des mots savants. C'est vraiment difficile de faire quelque chose de soigné en 1h30, donc je ne m'en veux pas. Je n'ai pas énormément modifié les deux sujets.

    Ensuite j'ai peut-être tort de ne pas trouver certains mots lourds, car je trouve que mes deux textes sont bien mieux équilibrés que les originaux, et qu'il n'y a pas des masses de mots savants non plus, mais j'ai déjà fait des progrès par rapport à ça (à l'époque, je cherchais à apprendre le plus de mots possibles, et les placer me permettait de les retenir), je fais plus attention à la sonorité des mots.

    En tout cas, merci beaucoup ! :3

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