• Avant-propos

    L’art est une entité capricieuse. Lors même qu’on croit le dompter, il nous échappe.
    Je le sais capable de me frustrer, de me décevoir, de me désemparer ; or, jamais il ne fit le mal avec autant de finesse que le bien. L’art exhale, épure, enseigne, émeut, emporte, enlumine… N’est-il point le bienfaiteur de l’humanité ? Quelle religion put apporter plus de bonheur que celle de la Passion ?
    Il est, paraît-il, des hommes dénués de lyrisme, aussi consistants que des gants sans propriétaires ; en tout temps, la frivolité ne m’a jamais charmé. Je me suis plutôt amusé de l’ardeur d’autrui à prôner la supériorité d’un talent sur pléthore d’autres… Et la renommée, encore influente.
    L’artiste est égocentrique - tout comme je le suis par nature -, mais altruiste. Dans ce soucis, j’élabore de pompeux discours, et je me berne de pseudo-attentions à l’égard de mes confrères, pour, au final, ne servir que mon individualité. 

    Et pourtant, cette individualité n’est autre que l’épicentre de l’intérêt que le spectateur porte à l’oeuvre - à l’accoutumée dédaignées, les personnalités peuvent finalement s’épanouir. Qui donc trouvera une quelconque richesse à Meursault que lorsqu’il s’offrit à la réflexion, à l’humanité et à la mort ?

    Ainsi, en ce jour, je n’écris guère pour moi que pour Molière, Jacques Brel, Benjamin Péret, Beethoven, Georges Steiner, Boris Vian, Victor Hugo et Albert Camus, dans le soucis d’une perpétuelle antilogie.

                                                 Nen.


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